Maman Colonelle

Projection de clôture du Mois du film documentaire sur le territoire, Maman Colonelle de Dieudo Hamadi

Maman Colonelle

La Colonelle Honorine travaille au sein de la police congolaise où elle est chargée de la protection des enfants et de la lutte contre les violences sexuelles. Alors qu'elle travaille depuis 15 ans à Bukavu, à l'est de la RDC, elle apprend qu'elle est mutée à Kisangani. Sur place elle se trouve face à de nouveaux enjeux. À travers le portrait de cette femme d'un courage et d'une ténacité hors du commun qui lutte pour que justice soit faite, le film aborde la question des violences faites aux femmes et aux enfants en République Démocratique du Congo. Au portrait de la mère-courage se substitue le récit de l'éveil d'une conscience historique. Parlant tour à tour aux femmes traumatisées, aux avocats et aux passants à qui elle enseigne la solidarité financière, la colonelle incarne un corps défendant placé entre le peuple et une haute-autorité aux abonnés absents. À mesure qu'elle s'initie à une Histoire dont l'éloignement géographique et le statut tabou l'avaient préservée, une communauté s'agrège autour d'elle, flageolante mais prête à parier à nouveau sur la force du collectif.

Le réalisateur Dieudo Hamadi avait déjà eu l'occasion de travaillé avec la Colonelle Honorine lors de l'un de ses précédents court-métrage. Ainsi, quand en 2015 il a l'idée de réaliser un documentaire sur une figure féminine forte, elle s'est immédiatement imposé dans son esprit. Pensant initialement couvrir le club de boxe féminin que la Colonelle a monté pour les femmes qu'elle accompagne dans son travail, Dieudo a dû adapter ses plans quand, quelques jours après le début du tournage, Honorine a appris sa mutation à Kisangani. Voyant là une occasion de donner un tournant inattendu à son sujet, le réalisateur s'est accroché à son projet malgré les bouleversements de production. D'un tournage initialement programmé sur quatre semaine, il est passé à un an, avec plus d'une centaine d'heures de rush pour Dieudo.

Un pari réussi puisque l'accueil critique et public réservé au documentaire est largement positif. Une habitude semble-t-il pour Dieudo Hamadi dont le travail à très vite eu une forte résonance internationale, et ce dès son premier film. Sa manière unique, franche, sans filtre mais jamais dénouée de tendresse, qu'il a de filmer son pays dans toutes ses complexités a encore fait mouche ici pour Maman Colonelle, puisqu'il a reçu le Grand Prix du Cinéma du Réel 2017, une grande première pour un film africain.

Capture d’écran 2017-12-14 à 10.02.09

François-Tarik Sardi à la rescousse

Malheureusement, suite à un problème de visa, Dieudo Hamadi n'a pu être présent comme initialement prévu. C'est donc François-Tarik Sardi, ingénieur du son sur plusieurs de ses films, dont Maman Colonelle, qui l'a remplacé au pied levé avec succès dans la tournée du documentaire. C'est ainsi qu'il s'est retrouvé, un dimanche de décembre au Petit-Fougeray dans une bibliothèque pleine à craquer de spectateurs qui avaient fait le déplacement pour découvrir le parcours hors du commun de la Colonelle Honorine.

À l'issue de la projection, quelques minutes de silence ont été nécessaire pour reprendre ses esprits avant que les premières réactions n'émergent. " Wow..." furent les premiers mots de beaucoup face à ce documentaire au sujet " très dur " mais " ô combien essentiel ! ". Les faits exposés à la caméra de Dieudo appellent à tellement de compassion que tous se demandaient " comment cela peut-il encore exister ? Et pourquoi Maman Colonelle est-elle si seule face à tout cela ?! ". Autant d'interrogations naturelles mais dont les réponses ne sont malheureusement pas si simples... Sans chercher à justifier une telle situation mais conscient que poser un contexte était nécessaire, François -Tarik Sardi a répondu aux nombreuses questions du public, sur le parcours de la Colonelle, des femmes au Congo mais plus globalement sur la situation du pays. Notre intervenant, par chance, était très calé en géo-politique de cette région de l'Afrique c'est une véritable leçon d'histoire que nous avons prise ce jour là au Petit-Fougeray.

Maman Colonelle comme si vous y étiez

Pour (re)vivre les échanges qui ont suivis la projection comme si vous y étiez, vous pouvez écouter l'enregistrement ci-dessous. Initialement enregistré pour garder une trace des débats en interne, il n'avait pas vocation à être diffusé. Toutefois, vu la qualité des débats nous avons eu envie de mettre cette conversation à votre disposition, avec toutes nos excuses pour la qualité de son inégale.



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